Chrystia Freeland a pris la bonne décision

freeland chrystiaEn plus de quitter son poste de ministre des Finances, Chrystia Freeland confirme son désaccord avec le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, au sujet des cadeaux électoraux que sont le congé de deux mois de TPS et le chèque de 250$ aux Canadiens, même parmi les plus fortunés.

« Au cours des dernières semaines, nous nous trouvions en désaccord sur la meilleure voie à suivre pour le Canada », a-t-elle souligné dans sa lettre de démission envoyée au premier ministre.

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Selon Mme Freeland, et elle a raison, il faut préserver notre capacité fiscale afin de disposer des réserves nécessaires lors d’une guerre tarifaire avec les Américains.

Cette réserve, elle n’est déjà toutefois plus là, puisque son gouvernement, sous l’impulsion de son chef, nage dans l’irresponsabilité fiscale depuis neuf ans. Les dépenses sont hors de contrôle et il n’y a même pas d’intention de préparer un véritable plan de retour à l’équilibre budgétaire.

On retrouve également là l’essentiel des raisons qui ont aussi convaincu l’ex-ministre des finances, Bill Morneau, de quitter le navire en août 2020.

La loyauté n’est pas toujours au rendez-vous, en politique, et le départ de Mme Freeland signifie aussi que son parti l’avait placée dans la case des « brebis sacrifiables ».

Parce que son chef fait depuis longtemps la cour à Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre. Et que logiquement, il devrait lui offrir le poste de ministre des Finances. La réponse pourrait venir très vite, cette semaine.

Si Mme Freeland quitte son siège au sein du caucus libéral ministériel, elle conserve toutefois son siège de député et confirme son intention d’être de nouveau candidate lors de la prochaine élection fédérale.

Cette approche ne devrait s’expliquer que par son désir de probablement être sur les rangs pour l’éventuelle course au leadership du Parti libéral.

Impact en Outaouais

Les choix de Mme Freeland pourraient aussi avoir un impact en Outaouais.

Il ne serait pas surprenant de voir la députée libérale de Pontiac-Kitigan Zibi, Sophie Chatel, qui était l’une des signataires de la lettre incitant Justin Trudeau au départ, se ranger dans le clan Freeland.

C’est aussi le moment de rappeler, à ce moment-ci, que la rumeur avait couru que Mark Carney puisse être candidat dans Pontiac-Kitigan Zibi lors de l’élection de 2021.

Puis la rumeur avait traversé la rivière des Outaouais pour s’accrocher à Ottawa-Centre.

Le scénario voulait que la ministre Catherine McKenna quitte son poste afin de le libérer pour Mark Carney. Ce qu’elle a fait.

Mais c’était sans compter sur la mainmise du libéral Yasir Naqvi sur les partisans libéraux de cette circonscription, tant au provincial qu’au fédéral. On estime qu’il n’aurait jamais voulu laisser le champ libre à M. Carney.

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